L’essentiel à retenir : le maire perçoit une indemnité de fonction et non un salaire, car elle compense les charges du mandat sans constituer un emploi. Calculé selon la population, ce montant varie de 1 048 € à 5 960 € brut mensuels. Ce barème assure ainsi la transparence financière et l’accessibilité de la fonction élective.
Beaucoup s’interrogent sur le montant réel de la rémunération maires, souvent source de confusion et de rumeurs. Il ne s’agit pourtant pas d’un salaire arbitraire, mais d’une indemnité strictement encadrée par la loi selon la taille de la commune. Je détaille pour vous les barèmes officiels et le calcul exact pour comprendre ce que perçoivent véritablement vos élus.
- Indemnités des maires : une compensation encadrée, pas un salaire
- Le calcul de l’indemnité : du vote aux barèmes de référence
- Les ajustements possibles : majorations et plafonnement
- Fiscalité et droits sociaux : ce qui reste vraiment
Indemnités des maires : une compensation encadrée, pas un salaire
Ce que dit la loi : le cadre du code général des collectivités territoriales
Il faut être précis : la rémunération maires ne constitue pas un salaire, mais une indemnité de fonction. Son cadre légal est strictement défini par le Code Général des Collectivités Territoriales. Rien n’est laissé au hasard dans ce domaine.
Ce système a été pensé pour compenser les frais et le temps dédié au mandat. Cela vise à rendre la fonction accessible à tous, peu importe leur situation financière.
Le montant n’est pas arbitraire. Il est directement lié à un critère objectif et unique : la taille de la commune. Plus la commune est peuplée, plus les responsabilités sont grandes, et plus l’indemnité potentielle est élevée.
Le principe de base : la strate démographique comme seul critère
La loi établit plusieurs tranches de population, ou strates démographiques. Chaque strate correspond à un montant maximal d’indemnité. C’est un barème fixe qui s’impose à l’ensemble des collectivités.
Ce système garantit une forme d’équité sur le territoire. Deux maires de communes de taille similaire auront droit au même plafond d’indemnité, peu importe la richesse de leur commune. C’est une règle uniforme.
L’indemnité vise à permettre à tout citoyen, quelle que soit sa fortune, de pouvoir se consacrer à la gestion des affaires locales sans y perdre financièrement.
Indemnité versus salaire : des différences fondamentales
Il faut bien comprendre la distinction. Un salaire rétribue un travail dans le cadre d’un contrat. L’indemnité, elle, compense une fonction élective et les contraintes qui en découlent.
Voici les divergences majeures que beaucoup ignorent encore :
- Elle ne correspond pas à un contrat de travail.
- Elle n’ouvre pas les mêmes droits au chômage.
- Elle possède un régime fiscal et social spécifique.
Le calcul de l’indemnité : du vote aux barèmes de référence
Voyons concrètement comment le montant de cette indemnité est fixé, car ce n’est pas toujours automatique.
Le rôle central du conseil municipal : la délibération
C’est le conseil municipal qui fixe les indemnités par délibération en début de mandat. Cet acte de transparence valide la rémunération maires.
Le conseil ne peut excéder le plafond légal lié à sa strate démographique, mais peut voter un montant inférieur.
Le maire peut d’ailleurs décider de renoncer à tout ou partie de son indemnité.
La grille de référence : un pourcentage de l’indice brut terminal
Les plafonds correspondent à un pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique (IB 1027).
Ce mécanisme permet une revalorisation automatique dès que le point d’indice augmente.
| Strate démographique (Nombre d’habitants) | Taux maximal applicable pour le maire (% de l’IB) |
|---|---|
| Moins de 500 hab. | Taux de 25,50 % |
| 500 à 999 hab. | Taux de 40,30 % |
| 1 000 à 3 499 hab. | Taux de 51,60 % |
| 3 500 à 9 999 hab. | Taux de 55 % |
| 10 000 à 19 999 hab. | Taux de 65 % |
| 20 000 à 49 999 hab. | Taux de 90 % |
| 50 000 à 99 999 hab. | Taux de 110 % |
| 100 000 hab. et plus | Taux de 145 % |
| Ces pourcentages définissent le montant brut mensuel maximal. Le conseil municipal peut voter un montant inférieur. | |
Le cas particulier des petites communes
Pour les communes de moins de 1 000 habitants, le taux maximal s’applique automatiquement. Le maire peut toutefois demander un montant inférieur par délibération.
Des revalorisations récentes soutiennent l’attractivité du mandat dans les communes rurales, notamment via la loi sur les maires.
Les ajustements possibles : majorations et plafonnement
Mais le montant issu du barème de base n’est pas toujours le chiffre final. Des majorations peuvent l’augmenter, et des règles de plafonnement peuvent le diminuer.
Quand l’indemnité peut-elle être majorée ?
La loi reconnaît que l’administration de certaines communes implique des charges spécifiques pour les élus. Ces contraintes particulières ouvrent légitimement droit à des majorations d’indemnité pour compenser l’investissement requis.
Attention, ces augmentations ne s’appliquent pas automatiquement. Elles doivent, elles aussi, faire l’objet d’une délibération formelle du conseil municipal pour être validées.
Voici les critères principaux permettant de revoir la rémunération maires à la hausse :
- Communes chefs-lieux de département ou d’arrondissement.
- Communes classées stations de tourisme.
- Communes bénéficiant de la dotation de solidarité urbaine (DSU).
- Communes dont la population a fortement augmenté.
Le « plafond écrêteur » en cas de cumul de mandats
Le système impose une règle stricte contre le cumul des rémunérations. Un élu qui détient plusieurs mandats électifs, comme maire et conseiller régional, ne peut techniquement pas cumuler l’intégralité des indemnités correspondantes.
On applique alors un plafond indemnitaire global, souvent désigné comme le « plafond écrêteur ». Ce plafond est fixé par la loi et correspond précisément à une fois et demie le montant de l’indemnité parlementaire.
Concrètement, toute somme dépassant ce plafond légal est reversée au budget de la collectivité de son choix.
Et en cas d’absence ? Maladie, maternité…
Les élus disposent d’une protection sociale adaptée. Un maire en arrêt maladie, maternité ou paternité continue de percevoir son indemnité, ce qui constitue une sécurité financière importante pour l’exercice de son mandat.
Le calcul est simple : de cette indemnité sont déduites les indemnités journalières versées par la sécurité sociale. Si l’élu n’a droit à aucune IJ, son indemnité de fonction est alors maintenue en totalité.
Un élu suppléant le maire peut percevoir l’indemnité de ce dernier durant la suppléance, assurant la continuité de la fonction sans double coût pour la commune.
Fiscalité et droits sociaux : ce qui reste vraiment
L’imposition des indemnités : un régime spécifique
La rémunération des maires n’échappe pas à la règle fiscale commune. Ces indemnités de fonction sont soumises à l’impôt sur le revenu et doivent impérativement figurer sur votre déclaration annuelle.
Une subtilité avantageuse existe pourtant : l’abattement dit « fraction représentative des frais d’emploi ». Une part significative de l’indemnité est ainsi exonérée d’impôt, tandis que seul le montant dépassant ce seuil devient imposable.
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Cotisations sociales et protection de l’élu
Vos indemnités subissent logiquement les cotisations sociales obligatoires, incluant la CSG et la CRDS. En contrepartie, vous cotisez au régime général de la Sécurité Sociale, ce qui vous ouvre des droits tangibles.
- Affiliation directe au régime général de la Sécurité sociale.
- Validation de trimestres comptant pour la retraite de base.
- Droit ouvert aux prestations en nature et remboursements de soins.
La retraite des maires : le dispositif complémentaire
Pour préparer l’avenir, le système de retraite par capitalisation reste une option solide. Les élus peuvent cotiser au FONPEL, un régime facultatif dédié qui sécurise financièrement l’après-mandat.
L’avantage est immédiat : la commune abonde votre cotisation à hauteur équivalente. C’est un mécanisme puissant pour valoriser l’engagement local et renforcer l’attractivité financière du statut d’élu.
Ces règles s’inscrivent dans une logique de modernisation, proche des évolutions actuelles du paiement des fonctionnaires et des agents publics.
Comprendre l’indemnité des maires revient donc à distinguer la fonction élective du travail salarié. Ce système, indexé sur la population, vise à compenser l’investissement personnel sans créer de disparités injustifiées. C’est un équilibre nécessaire pour démocratiser l’accès aux responsabilités locales, tout en maintenant un cadre fiscal et social rigoureux.
FAQ
Comment est déterminée la rémunération d’un maire de commune ?
Il est important de préciser que la rémunération d’un maire n’est pas arbitraire, mais strictement encadrée par le Code général des collectivités territoriales. Ce montant, appelé indemnité de fonction, dépend principalement de la taille de la commune, définie par sa strate démographique. Plus la population est importante, plus l’indemnité maximale autorisée est élevée, car les responsabilités et la charge de travail s’accroissent en conséquence.
À combien s’élèvent les indemnités des maires en 2025 ?
Les indemnités brutes mensuelles varient considérablement selon la population. D’après les barèmes en vigueur basés sur l’indice brut terminal 1027, un maire d’une commune de moins de 500 habitants perçoit environ 1 048 € brut, tandis que celui d’une ville de plus de 100 000 habitants peut toucher jusqu’à 5 960 € brut. Je note que ces montants constituent des plafonds légaux, le conseil municipal pouvant décider de voter une indemnité inférieure si le maire le souhaite.
Peut-on parler de salaire pour la fonction de maire ?
Juridiquement, le terme de salaire est impropre. Il s’agit d’une indemnité de fonction destinée à compenser les frais engagés et le temps consacré à l’exercice du mandat, sans lien de subordination ni contrat de travail. À l’inverse d’un salarié classique, le maire ne cotise pas à l’assurance chômage pour ce mandat, bien qu’il bénéficie d’un régime fiscal et social spécifique avec une fraction représentative des frais d’emploi exonérée d’impôt.
Quel montant perçoit un maire d’une ville de 25 000 habitants ?
Pour une commune située dans la strate démographique comprise entre 20 000 et 49 999 habitants, l’indemnité brute mensuelle du maire est fixée à 90 % de l’indice brut terminal. Cela correspond concrètement à un montant de 3 699,47 € brut. Ce chiffre reste toutefois un maximum théorique, car des majorations peuvent s’appliquer si la ville est chef-lieu ou station touristique, ou des minorations si le conseil en décide autrement.
Quelle est la grille de référence des indemnités en 2025 ?
La grille des indemnités repose sur un pourcentage de l’indice brut terminal de la fonction publique (IB 1027). Elle s’échelonne de 25,50 % pour les plus petites communes (moins de 500 habitants) jusqu’à 145 % pour les grandes villes de 100 000 habitants et plus. Ce système d’indexation permet une revalorisation automatique de l’indemnité lorsque la valeur du point d’indice de la fonction publique augmente.
Quel est le plafond maximal de rémunération pour un maire ?
Le maire le mieux payé, dirigeant une ville de plus de 100 000 habitants, perçoit une indemnité de base plafonnée à 5 960,26 € brut. Cependant, il existe un plafond global absolu en cas de cumul de mandats (par exemple maire et conseiller régional) : le total des indemnités ne peut excéder une fois et demie l’indemnité parlementaire, soit 8 897,93 € par mois en 2025. Tout montant dépassant ce seuil est écrêté et reversé à la collectivité.
Comment fonctionne la retraite pour un maire ?
Les maires cotisent obligatoirement au régime de retraite complémentaire de l’Ircantec ainsi qu’au régime général de la Sécurité sociale, ce qui leur permet d’acquérir des droits à pension. Ils ont également la possibilité de souscrire à un régime de retraite facultatif par capitalisation, comme le FONPEL, où la commune abonde la cotisation de l’élu euro pour euro, renforçant ainsi leur protection sociale à l’issue du mandat.
Quelle est l’indemnité spécifique du maire de Paris ?
Le maire de Paris entre dans la catégorie des communes de plus de 100 000 habitants, ce qui lui ouvre droit au taux maximal de 145 % de l’indice brut terminal, soit 5 960,26 € brut mensuels hors majorations. Compte tenu du statut particulier de Paris, qui est à la fois commune et département, et des fonctions exercées, cette indemnité s’inscrit dans le cadre du plafonnement global des rémunérations des élus locaux.



